Journal · Gastronomie
“Ils n'ont pas encore d'étoile. Certains n'en veulent pas. Mais les chefs étoilés mangent dans leurs restaurants.”
La prochaine génération de la gastronomie parisienne a entre 27 et 36 ans. Elle a souvent fait ses armes chez Passard, chez Gagnaire, ou dans des restaurants nordiques. Elle cuisine avec une liberté que leurs mentors n'avaient pas à leur âge.
Ancienne de chez Noma et de l'Astrance, Yasmine a ouvert son comptoir de 12 places en septembre 2025. Cuisine méditerranéenne — pas la Méditerranée de carte postale, mais celle des marchés algérois et des étals de Barcelone. Les épices sont présentes mais jamais envahissantes. La presse n'a pas encore découvert, les chefs si.
Baptiste a 29 ans et une formation chez Jean-François Piège. Son bistrot dans le 10e propose une carte de 6 plats qui change intégralement chaque semaine selon les arrivages. Aucune tolérance pour les produits moyens. Prix bistrot (48€ le menu), qualité étoilée.
Le bar à vin le plus intelligent du Marais en 2026. Léa vient du monde du vin (Master Sommelier), mais elle cuisine avec une précision technique rare. Les plats sont construits pour sublimer un verre précis. Concept nouveau, résultat saisissant.
Né à Paris, formé en Corée du Sud. Julien propose une cuisine coréenne-française qui n'est pas de la fusion bête : ce sont deux traditions culinaires distinctes, servies en alternance sur un même menu. La fermentation — kimchi, doenjang, ganjang maison — est au cœur de tout.
Dans une rue tranquille du 20e, ce couple de trentenaires sert la cuisine la plus honnête de Paris : légumes du potager familial à Fontainebleau, poissons de Bretagne commandés directement aux bateaux, desserts sans sucre raffiné. 32 couverts, toujours complet.
Branche a ouvert début 2026 dans une ancienne mercerie du 11e. Théo Marchal était sous-chef chez David Toutain. Sa cuisine est végétale à 80%, mais pas végane par idéologie — végétale parce que c'est là que se trouve le goût le plus complexe actuellement. Le bouillon de légumes fermentés de Branche est déjà une adresse légendaire parmi les initiés.
Han est la première table coréenne gastronomique de Paris — pas les bibimbap et tokbokki pour touristes, mais la cuisine de cour royale (hansik) revisitée avec des produits français. Décor minimaliste, service au cordeau, clientèle coréenne et gastronautes avertis uniquement.
Vainqueur de Top Chef 2021, mais ce qui compte plus : Mohamed a ouvert Baya dans le 17e sans jamais se laisser enfermer dans l'image TV. Cuisine algéro-française de haute précision. Merguez maison qui n'ont rien à voir avec ce qu'on trouve partout, couscous royal en version gastronomique le vendredi uniquement.
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